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Caption: Cabaret La subversion made in Berlin
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Caption: Chapitre 2 Le come back
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Caption: C'est le grand soir. Les dernières lueurs rasantes disparaissent derrière la ligne de métro. Kiki Bouh écrase sa cigarette et rentre pour se préparer. Ce soir elle monte sur scène. Les spectateurs convergent déjà dans la rue Schönhauser pour assister au Cabaret.
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Caption: Le Zum Starken August accueille ce soir un cabaret d'effeuillage burlesque. C'est un des grands genres du Cabaret à Berlin. Le terme est aussi bien utilisé pour des concerts de music hall, pour les chansonniers ou encore les spectacles d'humour politique.
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Caption: On y joue une programmation spéciale. C'est le Berlin Burlesque Week. Une rencontre internationale d'une semaine.
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Caption: Ce Cabaret n'est pas aussi prestigieux que les salles du Tipi Am Kanzleram ou le Bar Jeder Vernuft. Ni aussi trash que le Kleine Nachtrevue, les références à Berlin.
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Caption: Le bar est quand même plein à craquer.
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Caption: Quatre danseuses et un magicien sont au programme.
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Caption: Il faut se faufiler au fond de la salle pour trouver une place. Les touristes et les gens du quartier sont attablés en cercle. Une table une bougie. On est loin des grandes salles qui ont fait la réputation de Pigalle, mais l'atmosphère y est beaucoup plus détendue.
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Caption: C'est maintenant au tour de Kiki Bouh.
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Caption: Kiki Bouh est venue de Bordeaux pour la semaine. C'est la deuxième fois qu'elle se produit à l'étranger. Ses deux shows du moment sont des reprises du personnage de freddy Mercury et de Mario Bross.
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Caption: Elle traverse l'assemblée en salopette rouge. Ce soir ce sera Mario.
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Caption: Le numéro dure cinq minutes. Elle reprend les attitudes et les déplacements fébriles de l'icône du jeu d'arcade. Elle saute, se fige, fait gesticuler sa moustache en carton avec des mimiques marquées. Elle arrache sa salopette et expose un shorty avec le fameux point d'interrogation.
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Caption: On est loin du standard glamour et sexy de la pin up. Les rires traversent dans la salle. Elle finit son numéro et descend sous les applaudissements.
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Caption: Après un rapide passage par les vestiaires, elle rejoint deux amies à leur table.
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Caption: " c'était chaud, la scène est beaucoup plus petite qu'ils m'avaient dis." Elle a encore les joues rougies par l'effort.
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Caption: La scène reprend avec Dario, le magicien italien. Kiki arrête une serveuse et commande un verre de rouge. "Je connais assez peu la scène berlinoise. C'est ma première fois ici. C'est clairement plus dynamique qu'en France, mais j'ai pas été toujours convaincue par ce que j'ai vu ici pour instant. J'ai du mal à accrocher avec les style pin up. C'est un peu du nu gratuit. Ça dessert les femmes. Généralement c'est des bombes qui se contentent de montrer leur cul. Après sur Berlin il y a toute une scène alternative qui expérimente. C'est ça qu'il faut aller voir."
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Caption: À quelques mètres de là sur une autre table, Ruby Tuesday regarde Dario avec attention. Le magicien italien a avalé sa quatrième lame de rasoir. Sur un air d'opéra, il avale une ficelle, en tire le bout et commence à recracher les lames en guirlande. Le public est figé.
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Caption: Ruby l'observe avec un oeil expert. C'est un sans faute. Heureusement.
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Caption: Elle est de Munich, mais connaît par coeur la scène berlinoise.
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Caption: C'est un petit milieu après tout.
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Caption: Elle aussi est loin des canons de l'effeuillage classique. Ses numéros de neo-burlesque sont à l'opposé des "clichés de la blonde à guêpière. Beaucoup plus trash." Il y a beaucoup d'artistes à Berlin qui tentent des choses nouvelles, en faisant le lien avec la danse moderne et avec d'autres arts."
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Caption: "Le problème c'est que c'est pas facile de vendre ces spectacles alternatifs. Beaucoup de salles demandent à faire dans le classique. Seuls 5 artistes arrivent à vraiment vivre du cabaret burlesque à Berlin. Pour 99% d'entre nous, il faut avoir des boulots à côté."
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Caption: Un métier de passion, comme on dit. Berlin c'est aussi un peu la capitale du cabaret trash. Des spectacles plus difficiles à trouver. C'est comment dire...moins touristique.
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Caption: Kiki Bouh échange avec Ruby. Elle compare le milieu en France et en Allemagne. Ici pas de statut d'intermittent. Mais elle est ravie de voir qu'autant de danseuses d'effeuillage burlesque osent aussi la nouveauté.
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Caption: Elles partagent la même vision du métier. Dans les années 20, le cabaret avait quelque chose de subversif par essence. Josephine Baker, la danseuse noire en est l'exemple le plus emblématique. C'est la première star internationale de couleur. Elle est une référence pour beaucoup de danseuses actuelles. La variété des corps, des formes de beauté étaient mis en valeur sur scène. Aujourd'hui, le milieu est dominé par les clichés nostalgiques et par le dictat des canons de beauté. "Mon rêve? Aller sur scène pas rasée pas maquillée et parvenir à accrocher le public par l'histoire" déclare Kiki Bouh. La nudité n'est pas une fin. Berlin, explore toujours la question du genre et des sexes, de la morale et de la bienséance. Mais il faut se rendre dans les cabarets underground pour ça.
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Caption: Ils sont les héritiers d'Isherwood. Plus que ceux qui le glorifient. L'âge d'or est toujours le présent.
Caption: Avec toutes ses ambiguïtés, le show continue.
Caption: Kiki Bouh travaille avec le collectif du burlesque de Bordeaux sur un nouveau spectacle. "Ça sera quelque chose de jamais vu, ça tu peux en être sûr!"
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Caption: Un sujet mis en images par Elliot Raimbeau pour BKL7.